Métallerie Ferronnerie Verrières
Travaux à l'Opéra Garnier, Paris, en juin 2000, sous le contrôle d'Alain-Charles PERROT, architecte en chef des Monuments Historiques ; restauration de mascarons, des fontes, frises, et des portails, façade principale.
OUEST-FRANCE Deux L entrelacés dans un cour, surmontés d'une couronne, prolongés par un oiseau, qui tient dans son bec... un rameau. Ce superbe travail de ferronnerie aux armes royales orne un hôtel particulier de la place Vendôme, propriété d'un riche émir. C'est une potence. Qu'on se rassure : on n'y pend qu'une lanterne. L'ensemble est tout droit sortie de l'imagination du grand Mansart, en 1700. L'architecte avait prévu de le reproduire en quatre exemplaires aux quatre coins de la célèbre place où se concentrent aujourd'hui les grands joailliers de la capitale.
Manque d'argent ? Le projet n'a jamais été réalisé, à l'époque. Alain-Charles Perrot, architecte en chef des monuments historiques, en a retrouvé le dessin récemment, à la bibliothèque nationale. Après un appel d'offre, il en a confié la réalisation à un ferronnier rennais: Rémi Crézé. Six mois de travail depuis l'été. Une aubaine pour le ferronnier, aidé par deux des quinze ouvriers de son atelier de serrurerie. Apprenti, il craignait de ne faire, toute sa vie, que des serrures. Aujourd'hui, 20% de son marché est fait de restaurations pour les monuments historiques. Pour réaliser sa lanterne sur potence, dans l'esprit du XVIIe siècle, il a couru jusqu'au musée de la ferronnerie, à Rouen, et potassé les dessins techniques d'ouvrages de
ferronnerie, dans l'encyclopédie de Diderot et d'Alembert. «A partir de là, pour nous, c'est facile. Il n'y a plus qu'à copier», dit-il modestement. En reforgeant les barres d'acier et en les étirant au marteau, sur l'enclume. En martelant avec précaution la tôle pour lui donner la légèreté d'un feuillage. Dorée à l'or fin, sa potence revient à un peu plus de 130 000 F à son commanditaire. «Bagatelle», comparée aux tarifs pratiqués par les bijoutiers de la place. Des mécènes, il n'en manquerait pas, ici, pour aider la ville de Paris à l'éclairer, en chacun de ses angles, comme le rêvait Mansart.
Pascale VERGEREAU
Ouest-France 4 janvier 1998
Mise à jour le 31 janvier 2006